Philippe CROQ

Vernissage le vendredi 19 octobre à 18h30, en présence de l’artiste.

Du 20 octobre au 7 décembre 2007 à la Galerie Raymond Banas

Extrait du texte à paraître dans le catalogue :

« Philippe Croq : peintures 2000 – 2007 »

[…] Les voici réunis, ces corps et ces visages, dans le dénuement ou la souffrance. Ils sont le plus souvent auteurs ou victimes d’une étrange barbarie. La violence semble être chez eux un point de départ ou un aboutissement. Ils sont comme écartelés, démembrés. D’autres pourtant, ni suppliciés ni monstrueux, apparaissent dans l’inaccomplissement de leur forme, tendus à l’extrême par un effort inlassable : celui d’être. Tous revendiquent par leur chair de peinture, qui est leur voix, celle que nous devons écouter en faisant taire le vacarme du monde. Tous semblent émaner du support qui les accueille, de la couleur qui les fonde, des lignes qui les distinguent.
C’est un travail énorme que de parvenir à être vu. Voilà pourquoi à tout moment ils sont en péril, luttant contre le néant, tour à tour visibles ou disparitoires dans une sorte de permanente berlue. Il faut donc que l’artiste soit le relais de cet effort.
Ici, peindre c’est prendre soin et défendre, réaffirmer l’appartenance des figures à l’humanité irréductible, fût-ce en les faisant surgir à la surface du visible à la manière bouleversante des peintures pariétales.
Plus que jamais, la peinture de Philippe Croq se donne comme morale au sens où, face au tableau, l’individu est renvoyé non seulement à lui-même mais à l’autre, avec en partage la réclamation fondamentale de l’humain.[…]
Daniel Rocchia / juin 2004

Extraits d’un entretien avec Philippe Croq

à paraître dans le catalogue « Peintures 2000-2007 »

L ‘esprit humain changeant ressemble sur la terre au mobile rayon dont le Dieu la féconde
Montaigne

On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve
Héraclite

[…]
Donc, tu es arrivé à la peinture par accident...
Par et pendant la maladie, oui. En 1991, j’étais engagé dans un tout autre domaine professionnel que je détestais et le cancer m’a vraiment fait toucher le fond. Lors de ma convalescence, je me suis alors consacré exclusivement à la peinture, naturellement poussé vers elle, et parce que rien d’autre ne me semblait plus nécessaire. Rétrospectivement, ce fut une chance : quand tu touches le fond, plus rien ne te fait peur ensuite !
Aujourd’hui, c’est un peu différent. Je suis davantage conscient des enjeux et des difficultés de cette activité exigeante ! Ma peinture a aussi beaucoup changé au cours de ces dix dernières années. Durant la maladie, j’avais exploré un sujet quasi-unique, le trauma chirurgical, ses traces et ses suites. Après la rémission, je me suis senti plus libre d’utiliser le vocabulaire formel que j’avais développé autour du corps dans un champ plus vaste. C’est comme si j’avais pris du recul, que je ne scrutais plus dans le corps ses détails meurtris, mais que je le considérais comme une figure prise dans le monde extérieur.

Le format est-il fixé une fois pour toute ou doit-il être défini à chaque fois ?
En général, mon envie va plutôt vers des travaux de grande taille que je travaille sur papier ou sur toile sur un grand plan vertical en bois, que je recoupe ensuite en fonction de la composition. Je me lance de temps en temps dans des séries de petits et moyens formats... Pour moi, les grands formats permettent de peindre “corps entier” sans que l‘oeil ne réalise tout de suite l’avancée du travail, ce qui n’est pas le cas pour les petits formats, où le corps se ramasse et se tasse derrière la main avec moins de liberté et plus de contraintes il me semble... Les surprises et surtout les enjeux sont différents à chaque fois et par exemple je trouve que ceux d’un petit format sont très intimidants... Dans un grand format, on peut toujours “noyer le poisson”...

La vitesse d’exécution compte-t-elle ?
Oui. Tout au moins, dans la première phase du travail. Je travaille de manière très spontanée, j’essaie de faire en sorte que la main aille plus vite que la tête. Qu‘une image à forte conscience émerge d’un procédé très primaire... Je travaille sans idée préconçue ou précise, je ne fais aucune esquisse et dans cette première phase comme dit Rauschenberg : “mes mains me servent de cerveau !” Puis, je me recule et j’observe, j’isole et je choisis de préciser le sujet qui a surgi de la peinture à ce stade, comme d’un coup de dé, et si ce n’est pas le cas, je recommence...

...donc tu reviens sur ton travail ? L’affaire ne se régle-t-elle jamais en une fois ?
J’aimerais que tout se fasse en une fois mais c’est très rare, et donc j’y reviens et bien souvent, plus j’y reviens et moins le travail est satisfaisant ! Aussi, quand dans les bons jours, émerge rapidement de la surface un équilibre intéressant, il s’agit de le préserver. Et d’en rester là.

Que peins-tu ?
Je ne sais pas vraiment... Mais je dirais que j’utilise en première matière des fragments de ma mémoire, de mon identité, de l’identité de l’autre donc aussi j’espère... Existence, racines, famille, mémoire, filiation, lieux de vie : voilà ce qui me préoccupe, avec en question de fond : comment faire surgir la vérité sans le réalisme ? Mais bon, c’est difficile d’expliquer ça parce que j’ai souvent tellement peu la sensation de “m‘habiter” !
C’est ce que je veux pointer du doigt quand je reprends les citations d’Héraclite et Montaigne : ”tout” absolument tout, change constamment, d’où une certaine difficulté à positionner son esprit et son travail, son esprit dans son travail, son travail dans son esprit ! Mais je ne sais pas vraiment qui je suis et si je ressens mon travail, je ne suis pas sûr de toujours le comprendre et dans l’atelier, c’est encore et toujours autour de cette vérité que j’essaie de me rapprocher...[…]

Peut-on parler d’images récurrentes dans ton travail ?
Oui. Le plus souvent il s‘agit de têtes, de corps, ...et ce, jusqu’à l’écoeurement. On pourrait dire que je peins pour me défaire d’ obsessions... que je reconduis sans cesse !

Les mots sont-ils un équivalent sonore ou musical des traces peintes ? Ce sont avant tout des traces peintes, au même titre que les traits ou la couleur. Ce sont des associations qui se font sur la base de ce que je ressens à un moment donné dans le travail. Je suis sensible évidemment à la musicalité des mots, en particulier anglais - moins frontal et plus large de sens que le français - mais plus qu’à leur sonorité, je m’intéresse à leur graphie et à leur sens. J’aime l’ambiguïté volontaire qui s’intaure entre les mots et l’image, j’aime aussi le caractère allusif, évocateur ou métaphorique de certaines expressions ou de certaines associations de mots. De même qu’il m’est impossible de me satisfaire d’une représentation précise, figée, d’un être ou d’une chose, je m’efforce de brouiller le caractère descriptif des mots pour les tirer vers autre chose, qui n’appartient ni au langage ni à la peinture. J’ai également le sentiment que les mots dans ma peinture permettent d’éviter un certain pathos qui guette toujours et même d’aller vers une certaine ironie. Disons que l’idée de faire des peintures poétiques ou des poésies peintes est aussi une idée qui me plait.[…]

S’agit-il, au bout du compte, de faire malgré la laideur et les souffrances quelque chose de beau ?
Dire ce qu’est le beau en peinture, ce qu’il signifie aujourd’hui, obligerait à dire ce qu’il est et ce qu’il n‘est plus et là franchement c’est abyssal..... Il me semble qu’un des aspects qui me préoccupe dans l’atelier, c’est de passer d’un état d’opacité, d’absence de repère ou de compréhension de ce qui m’entoure à une meilleure sensation de mon paysage mental, si possible dans l’oubli de ma propre présence et pesanteur... Et en tout cas dans la recherche incessante et méthodique d’une absence de méthode. Ni plus. Ni moins.

Avril 2006 dans l’atelier de Marseille

Curiculum Vitae

Philippe Croq

Expositions individuelles

2007 :
- Maison de la culture et des Loisirs – 20 oct au 7 déc – Metz
- Galerie FAE l’Atelier – 4 oct au 4 nov - Boulogne-Billancourt
- Galerie Joëlle Possémé – 5 sept au 5 oct – Paris
- Galerie Bernard Mourier – juin – St-Rémy-de-Provence
- Galerie Biondetta – 1er juin au 30 juin - Madrid

2005
- Espace Ecureuil - Marseille

2002
- Galerie Emmanuelle Morin-Pitel - Paris
- Galerie L’évènement - Vallauris

2001
- Espace Loft – Lille
- Espace Loft – Nice

1999
- Galerie "Hôtel des Allégories" - Nîmes
- Espace Loft - Nice

1998
- Clinique Haute Energie - Nice

1996
- Galerie Municipale du Château - Nice
- Galerie Dix - Saint-Paul-de Vence 1995
- Palais des Congrès - Grasse

Expositions collectives

2006 – MAC2006 - Paris

2005
- Espace LOFT - Nice (exposition permanente)

2002
- Ferme des Arts - Vaison-la-Romaine
- "L’Art et l’Euro" - Nice, Cologne, Paris (Caisse d’Epargne Côte-d’Azur)

2001
- Galerie Emmanuelle Morin-Pitel - Paris
- Galerie des Ponchettes - Nice (XVIIème Biennale de l’U.M.A.M.)

2000
- Art Jonction - Foire internationale d’Art Contemporain - Nice

1999
- Metropolitan Art Museum, Pu-San - COREE
- Art Jonction - Nice
- Atelier 49 - Vallauris
- Royal Academy - Londres - U.K.
- Salon de Montrouge - Paris
- Foire d’art contemporain - Art Miami - Floride U.S.A.

1997
- Espace d’Art Contemporain Miramar - Cannes
- Galerie d’Art Contemporain - Luxembourg
(2ème sélection exposants "Grands et Jeunes d’aujourd’hui")
- Salon "Grands et Jeunes d’aujourd’hui" - Paris

1996
- Forum Cannes Festival (F.I.F.) - Cannes
- "Rencontres Jeunes Plasticiens" - La Garde
- Chantier Naval Opéra - Antibes
- Musée Raoul Dufy - Nice

1995
- Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain (XIVème Biennale de l’U.M.A.M.) Nice
- Maison des Artistes - Cagnes
- Galerie Vecchio - Cannes
- "Rencontres Jeunes Plasticiens" - La Garde

1994
- Galerie Ymage - Nice
- "Passage à l’Art" - Carnaval Off - Nice - Centre Culturel Marius Staquet - Mouscron – BELGIQUE

1993
- Palais Acropolis - Nice (XIIIème Biennale de l’U.M.A.M)
- Musée Mossa – Nice

Prix

2000
- Prix Henri Matisse - XVIIème Biennale de l’U.M.A.M - Nice
- Premier prix de peinture ("Toison d’or") - ART JONCTION - Nice

1995
- Lauréat de la XIVème Biennale de l’U.M.A.M. - Nice

1993
- Premier prix du concours Mossa - 1ère Biennale - Nice

Parutions

2007
- Azart n°24, janvier-février

2006
- hors série Azart n°6, décembre

Visuels



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