Nicolas Sanhes

Sculptures & Dessins
Vernissage vendredi 7 octobre à 18h30 en présence de l’artiste
du 08/10/11 au 13/11/11

« QU’EST-CE QU’UN SANHES ?
Pour y comprendre quelque chose, il faut entrer dedans. Alors, on est entouré de rythmes multiples qui font penser qu’on est au cœur de cent pulsions cardiaques simultanées. Un Sanhes est d’abord un autoportrait.

Ressemblant ?
Oui, car quand on regarde ses sculptures, on y reconnaît des rythmes. Par exemple, dans l’œuvre qu’il a dressée sur la place de la Paix à Trappes, la scansion, pleine de ruptures de la sculpture est celle de la musique de jazz qu’il préfère et il précise : « de la musique de jazz vocal ». Pour ressentir cela, il faut se tenir a cœur de cette danse de poutrelles et prendre la place du sculpteur. Rappelez-vous Arthur Rimbaud : « J’ai tendu des chaînes d’or d’étoile à étoile et je danse… »

Pour le sculpteur, accéder au centre de l’œuvre n’a pas été immédiat. Regardons. Il faut être attentif aux détours que traverse la création avant d’atteindre son centre. Que restera-t-il de ce parcours et des emprunts de passage, quand il sera dans le domaine où il se tient actuellement ? Certainement plus qu’on ne croit, et si métamorphosé.

Car, d’abord, avec des tiges de métal, il aura erré du côté des silhouettes de vivants, dont on ne sait s’ils étaient squelettes ou transparence. La vie est en même temps structure et rêve.

Puis, voici une dizaine d’années, Sanhes explora des creux. Pas faciles à nommer. Disons des cloches ou des récipients énormes ; on les voyait maçonnés pierre à pierre pour obtenir des courbes lisses. En fait, il sculptait des creux ouverts sur le ciel. Il construisait son absence. Il avait trouvé le lieu pour attendre sa venue.

Puis il coupa en deux cet espace. Et il put s’y glisser, de profil. Le vide eut alors une issue sur terre. Ce fut le commencement de la liberté et, il me semble, la voie par laquelle il comprit qu’il avait sa place dans son œuvre. Ce fut en son centre. Quel trajet pour découvrir à la fois son art et soi-même ! Il vit actuellement dans la poutrelle d’acier, entre terre et ciel.

Alors, l’art, pour quoi faire ? Pour rencontrer un être humain du XXIème siècle. »

Pierre Descargues - paru dans le livre Sculpter la Ville - édition Area - 2007



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